Citeo est l'éco-organisme agréé par l'État pour la filière des emballages ménagers. Son agrément, renouvelé par le gouvernement jusqu'à fin 2029, lui impose une obligation précise : consacrer chaque année une partie de ses ressources au développement du réemploi. Pour une entreprise qui investit dans des emballages réutilisables, qu'il s'agisse d'un fabricant de contenants ou d'un metteur en marché qui cherche à boucler une filière de collecte, cela se traduit par plusieurs dispositifs concrets, dont les contours évoluent d'une année sur l'autre.
Un cadre fixé par la loi et par le cahier des charges
L'objectif réglementaire qui structure l'action de Citeo est connu : la loi AGEC fixe une cible de 10 % d'emballages réemployés d'ici 2027. Le cahier des charges de l'agrément Citeo traduit cet objectif en obligation de moyens. L'éco-organisme doit financer le développement de solutions de réemploi et de réutilisation, et contribuer à la prise en charge des coûts liés aux opérations de reprise des emballages réemployables. Cette dernière obligation est relativement récente dans sa formulation précise, et elle concerne directement les entreprises qui opèrent une boucle de réemploi au quotidien.
Les appels à projets, une mécanique renouvelée chaque année
Citeo structure une bonne partie de son soutien autour d'appels à projets thématiques, ouverts sur des fenêtres de dépôt limitées.
EncoRE plus de réemploi
C'est l'appel à projets généraliste de Citeo sur le réemploi, ouvert aux metteurs en marché comme aux apporteurs de solutions, et qui couvre des approches aussi différentes que le vrac, la recharge en magasin ou la consigne. Sa troisième édition, dont les résultats ont été annoncés en mai 2026, a retenu 181 projets pour plus de 35 millions d'euros engagés. Sur l'ensemble des trois éditions, Citeo indique avoir soutenu 550 projets pour environ 120 millions d'euros. L'ampleur du dispositif donne une indication utile : le réemploi n'est pas traité par Citeo comme un sujet marginal, mais la sélection reste compétitive et les critères varient d'une édition à l'autre.
L'appel à projets Lavage
Plus récent et plus ciblé, cet appel vise spécifiquement les capacités de lavage des emballages réemployables, un goulot d'étranglement souvent sous-estimé par les entreprises qui se lancent dans le réemploi sans anticiper cette brique industrielle. Sa deuxième édition, lancée en mars 2026, a financé les lauréats jusqu'à 50 % des dépenses éligibles, avec des candidatures ouvertes début avril et closes fin avril 2026. Le calendrier de ce type d'appel est serré : une entreprise qui veut y candidater doit suivre les annonces de Citeo plusieurs mois à l'avance plutôt que de découvrir l'ouverture au moment du dépôt.
Un volet dédié aux emballages professionnels
Au-delà des grands appels à projets, Citeo pilote aussi des programmes plus spécifiques sur le réemploi des emballages professionnels, en lien avec les acteurs de la distribution, de la restauration et de l'industrie. Ce volet est moins médiatisé que EncoRE, mais il concerne directement les entreprises dont l'activité repose sur la logistique de flux, l'e-commerce et le transport inclus.
Le soutien à la prise en charge des coûts de reprise
Indépendamment des appels à projets, Citeo a mis en place un mécanisme de soutien récurrent, lié à son cahier des charges, pour prendre en charge une partie des coûts de reprise des emballages réemployables. Le calcul combine un coût de collecte optimisé propre à chaque boucle de réemploi, un taux de modulation qui oriente davantage de financement vers les boucles les moins matures, et un coût de traçabilité. Citeo précise que ce soutien est pensé comme incitatif : il vise à aider le passage au réemploi ou le changement d'échelle des secteurs qui en ont le plus besoin, et il tient compte des recettes déjà générées par le réemploi lui-même, pour ne pas financer ce qui s'autofinance déjà.
Un point mérite d'être signalé pour une entreprise qui regarde ce dispositif de près : Citeo a lancé en 2024 une expérimentation baptisée ReUse, limitée à quatre régions du Nord-Ouest de la France. Selon une question parlementaire posée sur le sujet, les opérateurs situés hors de cette zone test n'ont pas bénéficié du même niveau de soutien pour le déploiement de leur activité. La couverture géographique des dispositifs Citeo n'est donc pas uniforme sur tout le territoire, et elle vaut la peine d'être vérifiée avant de bâtir un plan de déploiement national.
Ce que cela signifie pour une entreprise qui investit dans le réemploi
Pour une entreprise qui conçoit ou utilise des emballages réemployables, l'enjeu pratique est de distinguer deux logiques chez Citeo : les appels à projets, ponctuels et compétitifs, qui financent un projet défini dans le temps, et le soutien structurel à la reprise, qui s'applique une fois la boucle de réemploi en fonctionnement. Les deux peuvent se combiner, mais pas aux mêmes moments du cycle de vie d'un projet. Le calendrier des appels à projets change chaque année, ce qui implique un suivi régulier de la communication de Citeo plutôt qu'une candidature au fil de l'eau.
Sources
- Citeo, communiqué « 181 projets soutenus par Citeo pour accélérer le réemploi des emballages partout en France », mai 2026
- Citeo, communiqué « Citeo lance la deuxième édition de l'Appel à Projets Lavage 2026 », mars 2026
- Citeo, communiqué de l'appel à projets « Encore plus de réemploi » 2024
- Assemblée nationale, question écrite sur le dispositif ReUse de Citeo
- Offre d'emploi Citeo, « Chef·fe de projet réemploi, déploiement emballages professionnels »